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Des dessous dans ces affaires

Firehair 2

Banlieues parisiennes: des émeutes «organisées»?
Le modèle français d’intégration mis en échec?


Les violences urbaines seraient orchestrées par les responsables de l'économie souterraine. C'est la thèse, controversée, de syndicats de policiers. Et de Nicolas Sarkozy.

Le scénario de ces dernières nuits d'émeutes, avec ses affrontements ciblés, sa montée progressive et sa violence «spontanée», voire «légitime», n'a pu être écrit par des jeunes banlieusards. Trop bien ficelé. C'est du moins l'avis de Nicolas Sarkozy et de son disciple Eric Raoult. «Il y a quelque chose de trop organisé» dans les violences de ces huit derniers jours, affirme le député-maire du Raincy, une commune voisine de Clichy-sous-Bois, où tout a commencé jeudi 27 octobre.

Mal des banlieues, chômage, jeunes issus de l'immigration qui n'en peuvent plus d'être stigmatisés: l'explication socio-économique est loin de satisfaire l'ancien ministre de la Ville. «La communauté musulmane en a assez, mais il y a un certain nombre d'agitateurs, de provocateurs», soutient Raoult.

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy ne dit rien d'autre. Pour lui, les violences sont «parfaitement organisées». L'existence d'une sorte de hiérarchie diffuse expliquerait la rapidité de la propagation des émeutes et le petit air de ressemblance entre les incidents à Aulnay-sous- Bois en Seine-Saint-Denis, à Trappes dans les Yvelines ou à Garges-lès-Gonesse dans le Val d'Oise.

Le jeu des caïds

«Le drame de Clichy-sous-Bois (ndlr: la mort de deux mineurs électrocutés jeudi dernier en fuyant la police) a servi d'élément déclencheur, mais les «caïds» s'en servent pour défendre leur territoire contre toute intrusion policière», affirme Marc Gautron, ­secrétaire national du syndicat UNSA Police.

Le 2 novembre, rappelle M. Gautron, M. Sarkozy avait prévu de déployer dans les banlieues de Paris et d'autres grandes villes françaises 17 compagnies de CRS, censées venir renforcer les forces de sécurité publique. Avec pour objectif de s'attaquer notamment à l'économie souterraine. Une présence insupportable pour ceux qui contrôlent les trafics des cités, note le syndicaliste. Les attaques récentes contre des postes, des centres culturels et des commissariats, tous symboles de l'Etat, constituent autant de preuves de l'instrumentalisation du mouvement par la criminalité ­organisée, estime Marc Gautron.

Ce discours tombe à pic pour Nicolas Sarkozy. Cela lui permet de justifier sa fermeté, voire ses propos, si controversés, sur la «racaille» et les «voyous» des banlieues. «Il existe sans aucun doute des groupes qui cherchent la confrontation avec la police. Mais il ne faudrait pas oublier le contexte qui favorise ces violences», estime le sociologue et criminologue Sebastian Roché, pour qui le phénomène dépasse largement le cadre des réseaux organisés. «Les groupes agissant dans les cités sont assez autonomes. Il n'existe pas de véritable réseau les associant, poursuit M. Roché. Surtout, l'économie souterraine recherche la tranquillité, la «sécurité». Ces émeutes, avec le surplus de forces policières qu'elles entraînent, ne lui sont guère profitables.»


La flambée de violence gagne la Haute-Savoie

«On sentait qu'il allait se passer quelque chose», raconte un habitant de Marnaz. Les images de voitures brûlées ont échauffé les esprits et donné des idées. Jeudi soir, un groupe de jeunes gens s'en est pris au bar brasserie le Floryvia à Marnaz, dans la banlieue de Cluse. L'établissement situé face au stade, et planté au cœur d'une cité a été incendié. Vers 23 h 30 un groupe d'une dizaine d'adolescents a mis le feu à un véhicule, une Ford Escort, puis l'a projeté dans la vitrine du bar. Les dégâts sont importants. L'immeuble d'un étage a été ravagé par les flammes. Les deux appartements qui se trouvent au-dessus ont dû être évacués.

«En début de soirée, ils avaient commencé à lancer des pétards», poursuit un témoin de la scène. Sur la façade des garages voisins, les graffitis sont explicites: «mort à Sarkozy», «Tous solidaires...» Le maire de la commune, Arlette Debalme, s'est immédiatement rendu sur place. Cluse et son agglomération sont confrontés depuis plusieurs années à un phénomène récurrent de délinquance urbaine.

Depuis plusieurs années, cette insécurité fait les choux gras du Front national qui voit le score de ses candidats progresser à chaque élection. La flambée de violences de ces derniers jours a pourtant surpris les habitants. Du moins les plus anciens. En même temps que brûlent les voitures, c'est tout le travail des services sociaux qui part en fumée. Dans la même nuit, neuf véhicules ont également été incendiés un peu plus loin sur la commune de Scionzier dans le quartier des Crozets. Des actions délibérées et particulièrement violentes. Les incendiaires ont fabriqué des cocktails Molotov d'une redoutable efficacité. L'un des véhicules ciblés se trouvait accolé à un immeuble d'habitation. Les flammes auraient pu se propager et mettre ainsi en danger la vie des locataires.

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Tous les services de l'Etat ont été mis en alerte. Des réunions ont été organisées en urgence dans les cités sensibles pour tenter d'apaiser les esprits. La police et la gendarmerie ont planché sur les mesures à mettre en œuvre en cas de montée en puissance des actes de provocation. Pour autant le scénario d'une «insurrection» qui se propagerait à toutes les cités est exclu. Les incendies criminels restent le fait d'une poignée d'individus le plus souvent bien connus des services de police. Hier, la tension n'était pas retombée. En fin de journée un bus était victime de jets de pierres à Scionzier.

(source : la tribune de genève)

Vos commentaires

1 Le Dimanche 6 Novembre 2005 à 21:16 GMT+2, par olivier leroy

A lire de toute urgence sur le meme sujet (ben oui faut bien que je fasse ma promo)
actu-politik.mabulle.com/...

2 Le Mercredi 9 Novembre 2005 à 06:34 GMT+2, par Eric

Organisées les émeutes ? Trop facile ! Ce serait bien rassurant ! Nous serions alors en face d'une structure, donc une force rationelle. C'est bien pire que celà, je le crains : le fait que ce soit le désordre montre encore plus le manque de contrôle et les difficultés à contrôler. Un mouvement organisé suffit d'être décapité pour qu'il s'arrête. Là, hélas, ce ne sont que des groupes plus ou moins isolés qui s'en donnent à coeur joie en se lâchant totalement dans une folle frénésie.
Mais organisé oui, quand le jour ils préparent des tas de ierres sur le toit des immeubles préparent les pièges à flic, pour la nuit les caillasser ou les piéger. Organisés à petite échelle, ça oui, c'est bien évident.
Pourquoi tout celà ?
Là, ce sont les journalistes qui inventent des revenidcations. Alors que les violences ne procèdent que de la haine. A partir du moment où la violence est employée, les revendications tombent dans l'irrecevable, de fait...sauf en France où l'on casse d'abord pour avoir ensuite doit à la parole...faute à un modèle de communication sociale défaillant...depuis plus loin que la révolution...
Ces jeunes ne sont pas ceux qui n'arriventp as à s'insérer parce qu'ils ont un nom pas trop français ou un trop fort accent lorrrain. Ce problème existe et doit être réglé au plus vite. Non, on se trompe de débat, car ces jeunes là ne savent pas s'insérer dans une société, dans une entreprise, ils ne savent souvent pas mener une discussion, se faire comprendre par des phrases sujet-verbe-complément (au lieu de gros mot-insulte-gros mot), et ne parlons pas d'une relation hirarchique ! Non, ce sont ici des réalités qu'on vit sur le terrain, et pas du soit disant racisme, et c'est ces refus de la différence qui desservent une majorité qui mérite d'être des français salariés comme les autres.

3 Le Mercredi 9 Novembre 2005 à 23:38 GMT+2, par Roland Roland

Soutenons Sarkozy et le gouvernement dans l'épreuve !

Immigration, intégration, délinquance, insécurité, racisme, rôle de l’Education Nationale, influence de la télévision sur la jeunesse… autant de sujets brûlants abordés dans ma dix-huitième aventure : Roland Roland contre les vampires.

rolandroland.site.voila.f...

Oui, mesdames et messieurs ! Sous vos yeux ébahis, je m’attaque au délicat problème des banlieues et apporte des solutions que seul Roland Roland, le plus fin limier de la ville aurait pu inventer ! Attention, vous n’en ressortirez pas intact…

Roland Roland, celui qui dit tout haut ce que personne ne pense tout bas !

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