Evo Morales, un Indien à Paris

"C'EST en pop star qu'Evo Morales, le nouveau président bolivien élu le 18 décembre, a été accueilli à Paris. Se frayer, hier, un chemin dans le petit auditorium du Centre d'accueil de la presse étrangère (Cape), où il rencontrait les journalistes, tenait de l'exploit.
Tous voulaient approcher l'Indien qui, pour la première fois, s'est imposé à la tête d'un pays champion des discriminations.
En bras de chemise, impressionné par le crépitement des flashs, Evo Morales a confessé n'avoir jamais «rêvé de tant de journalistes», encore moins «des paparazzi... mais je le dis gentiment !» «Beaucoup de gens sont venus voir un Indien en pensant peut-être que j'aurais des plumes !» «Mais ce n'est pas Evo Morales qui a gagné, ce sont les mouvements sociaux, pour changer l'histoire.» «c'est d'abord d'en finir avec l'Etat colonial, toujours en vigueur» «méfaits» «500 années» de colonisation, manifestement peu au fait des débats qui ont occupé l'Assemblée nationale française ces dernières semaines sur le sujet.de ces malgré les 180 années écoulées depuis l'indépendance.
Le gaillard n'a cessé de revenir hier sur les L'enjeu, s'est-il amusé, avant de préciser : «Le temps n'est pas à la vengeance», a toutefois précisé Evo Morales, «mais à la refondation de la Bolivie.»
Et de plonger dans l'histoire pour expliquer la colère de ceux qui l'ont porté au pouvoir dès le premier tour, du jamais-vu dans l'histoire du pays. «Mes parents étaient analphabètes, ils ont eu sept enfants, mais quatre sont morts avant d'atteindre un an, c'est banal dans la campagne.» Ce sont les «politiques néolibérales» qui ont maintenu le pays dans la misère, malgré la richesse de sa terre, estime Evo Morales. C'est pourquoi «l'Etat doit reprendre le contrôle de ses ressources naturelles.»
Même s'il ne le cite pas, tout le monde pense au gaz, dont la Bolivie détient les deuxièmes gisements du sous-continent après le Venezuela. Alors qu'Evo Morales devait rencontrer hier le ministre français de la Coopération, son conseiller économique Carlos Villegas s'est entretenu avec des dirigeants de Total. "
(source : le figaro)

Par actumette, Dimanche 8 Janvier 2006 à 12:02 GMT+2 dans Actu (article, RSS)






