"Rien n'est acquis, rien n'est certain, tout reste à faire. Voilà en substance les propos que répète à l'envi Raymond Domenech, le sélectionneur de l'équipe de France de football : en clair, la qualification des Bleus pour la Coupe du monde 2006 se jouera samedi 8 octobre à Berne, contre la Suisse, mais aussi le mercredi 12, contre Chypre, au Stade de France. Principe de précaution ou principe de réalité ? Un peu des deux, sûrement.
Le "rayon de soleil" de Djibril Cissé
"J'ai trois attaquants de pointe pour remplacer David Trezeguet ble ssé" , s'était contenté de déclarer Raymond Domenech, lors de sa conférence de presse, mardi 4 octobre, à Clairefontaine (Yvelines), au centre d'entraînement des Bleus. Parmi eux, Djibril Cissé semble le mieux placé pour être titularisé contre les Suisses, samedi 8 octobre, à Berne.
Si l'ancien avant-centre auxerrois a accompli un parcours international plutôt positif (23 sélections, 7 titularisations, 6 buts), il joue très peu, depuis le mois d'août, dans son club de Liverpool : "L'équipe de France, c'est un peu mon rayon de soleil" , assure-t-il. Cette situation commence à lui peser. Jeudi 6 octobre, à Clairefontaine, l'attaquant de 24 ans a été clair : si sa situation n'évolue pas avec le club anglais, il envisage de le quitter, à l'occasion du mercato d'hiver : "Marseille serait la destination la plus plausible" , a-t-il précisé.
Quatre équipes toujours en lice
Le groupe 4 des éliminatoires du Mondial 2006 est le plus incertain d'Europe. Quatre équipes (la Suisse, la France, Israël et l'Eire) peuvent encore se qualifier.
Si les Bleus gagnent face à la Suisse, samedi 8 octobre, ils sont assurés de terminer à la 1re place et de se qualifier.
Les autres cas de figure sont plus complexes. On considérera, pour simplifier, que l'Eire s'imposera à Chypre, samedi.
En cas de match nul face à la Suisse, la France doit battre Chypre, mercredi 12 octobre. Un nul ou une défaite des Helvètes à Dublin qualifierait alors les Bleus. Une victoire des Suisses imposerait aux Français de battre les Chypriotes par un large écart.
En cas de défaite face à la Suisse, samedi, les Bleus ne peuvent faire mieux que 2e de leur groupe. Ils doivent espérer que la Suisse ne perde pas à Dublin. Tout se jouerait alors à la différence de buts entre les équipes concernées pour obtenir le droit de disputer les barrages.
Cela fait quinze mois (l'âge de sa fille Victoire, comme il aime à le rappeler) que Raymond Domenech entraîne l'équipe de France, et c'est peut-être la fragilité des résultats et l'immensité de la tâche qui l'ont conduit à cette prudence assumée. Quitte à ce qu'il apprenne à moins jouer avec les mots, à laisser de côté, en public, son humour parfois corrosif : "Je ne sourirai qu'après la qualification assurée."
(source : le monde)